Protected Areas and World Heritage Programme

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Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protegée

 

Chapitre 2 Concepts de base

 

La première étape consiste à définir l'aire protégée. La définition adoptée s'inspire de celle qu'avait proposée l'Atelier sur les catégories, tenu lors du IVe Congrès mondial des parcs nationaux et des aires protégées:

Une portion de terre et/ou de mer vouée spécialement à la protection et au maintien de la diversité biologique, ainsi que des ressources naturelles et culturelles associées, et gérée par des moyens efficaces, juridiques ou autres.

Cette définition recouvre tout le "paysage" des aires protégées et doit être applicable à toutes les catégories. Cependant, même si toutes les aires protégées correspondent aux objectifs globaux que couvre cette définition, les objectifs précis de la gestion des aires protégées peuvent différer énormément dans la pratique. Les principaux objectifs de gestion sont les suivants:

  • Recherche scientifique
  • Protection des espèces sauvages
  • Préservation des espèces et de la diversité génétique
  • Maintien des fonctions écologiques
  • Protection d'éléments naturels et culturels particuliers
  • Tourisme et loisirs
  • Education
  • Utilisation durable des ressources des écosystèmes naturels
  • Préservation de particularités culturelles et traditionnelles

Compte tenu des multiples combinaisons possibles et des différentes priorités que l'on peut accorder à ces objectifs de gestion, les catégories d'aires protégées suivantes peuvent être définies, gérées principalement à des fins de:

 

Aires gérées principalement à des fins de:

     
 

I

Protection stricte (p.ex. Réserve naturelle intégrale / Zone de nature sauvage)

 

II

Conservation de l'écosystème et loisirs (p.ex. Parc national)

 

III

Conservation d'éléments naturels (p.ex. Monument naturel)

 

IV

Conservation par une gestion active (p.ex. Aire de gestion des habitats/espèces)

 

V

Conservation d'un paysage terrestre/marin et loisirs (p.ex. Paysage terrestre/marin protégé)

 

VI

Utilisation durable des écosystèmes naturels (p.ex. Aire protégée de ressources naturelles gérées)

La plupart des aires protégées correspondent cependant aussi des objectifs de gestion secondaires.

La relation entre les objectifs de gestion et les catégories est illustrée ci-après sous forme de tableau, est approfondie dans la Deuxième partie présentant une description individuelle des catégories, et enfin, est illustrée par une série d'exemples présentés dans la Troisième partie.

Tableau des objectifs de gestion et catégories UICN de gestion des aires protégées

OBJECTIF DE GESTION

Ia

Ib

II

III

IV

V

VI

Recherche scientifique

1

3

2

2

2

2

3

Protection des espèces sauvages

2

1

2

3

3

-

2

Préservation des espèces et de la diversité génétique

1

2

1

1

1

2

1

Maintien des fonctions écologiques

2

1

1

-

1

2

1

Protection d'éléments naturels/culturels particuliers

-

-

2

1

3

1

3

Tourisme et loisirs

-

2

1

1

3

1

3

Education

-

-

2

2

2

2

3

Utilisation durable des ressources des écosystèmes naturels

-

3

3

-

2

2

1

Préservation de particularités culturelles/ traditionnelles

-

-

-

-

-

1

2

 

Légende:

1 Objectif principal

2 Objectif secondaire

3 Objectif potentiellement réalisable

- Non réalisable

Telle est l'analyse qui sous-tend le système international de classement des aires protégées tel qu'il a été établi par l'UICN et affiné dans les présentes lignes directrices. Les considérations suivantes s'imposent:

 

  • le choix de la catégorie se fait en fonction du principal objectif de gestion;
  • le classement dans une catégorie n'est pas un commentaire sur l'efficacité de la gestion;
  • le système des catégories est international;
  • les appellations des aires protégées peuvent varier d'un pays à l'autre;
  • une nouvelle catégorie est introduite;
  • toutes les catégories sont importantes;
  • ...mais impliquent une gradation de l'intervention humaine.

Ces différents points sont examinés séparément ci-après.

Le choix de la catégorie se fait en fonction du principal objectif de gestion

Le classement d'une aire dans une catégorie doit se faire en tout premier lieu sur la base du principal objectif de gestion, tel qu'il apparaît dans la définition juridique de la catégorie en question; les objectifs de gestion du site ont, quant à eux, une valeur complémentaire. Outre son aspect pratique, cette approche offre des bases solides au système. Lorsqu'on classe une aire dans une catégorie, il importe donc d'étudier très soigneusement la législation nationale (ou autres moyens efficaces, tels que accords de droit coutumier ou objectifs déclarés d'une organisation non gouvernementale), afin de dégager le principal objectif que doit viser la gestion de l'aire.

Le classement dans une catégorie n'est pas un commentaire sur l'efficacité de la gestion

L'interprétation du système de 1978 a parfois donné lieu à une confusion entre l'efficacité de la gestion et les objectifs de gestion. Par exemple, certaines aires classées officiellement dans la Catégorie II "Parcs nationaux", avec les objectifs appropriés, ont par la suite été reclassées dans la Catégorie V "Paysages protégés", parce que leur statut de protection ne les mettait pas à l'abri de l'empiétement humain. Il s'agit là d'une confusion entre deux considérations distinctes: l'objectif de l'aire et l'efficacité de sa gestion. L'UICN prépare actuellement un système de surveillance continue et d'évaluation de la gestion des aires protégées, qui sera encouragé parallèlement au système de classement, et permettra de recueillir et d'enregistrer des données sur l'efficacité de la gestion, compatibles au niveau international.

Le système de classement des aires protégées est international

Le système de classement des aires protégées a notamment pour objet d'offrir une base de comparaison internationale. Etant destiné à tous les pays, son orientation est assez générale et se prête à une interprétation relativement souple aux niveaux national et régional. Du fait de la portée internationale de ce système et de la nécessité d'applique les diverses catégories qu'il englobe de manière cohérente, la responsabilité ultime de la détermination des catégories devrait être prise au niveau international. La CPNAP et/ou le Centre de surveillance continue de la conservation de la nature (CMSC), en étroite collaboration avec l'UICN, pourraient très bien s'en acquitter, par exemple, lors de la préparation de la Liste des Nations Unies.

Les appellations des aires protégées peuvent varier d'un pays à l'autre

Idéalement, les catégories d'aires protégées de l'UICN auraient été établis en premier lieu, et les systèmes nationaux auraient suivi, en utilisant une terminologie standard. Dans la pratique, il en va évidemment autrement et les systèmes de classement établis par les différents pays utilisent une terminologie très variable. Par exemple, un "parc national" n'a pas partout la même signification. Beaucoup de "parcs nationaux" ne satisfont pas strictement aux critères établis pour la Catégorie II dans le système de 1978; ainsi, au Royaume-Uni, par exemple, les "Parcs nationaux" abritent des établissements humains et leurs ressources font l'objet d'une exploitation extensive et sont de ce fait, dûment classé dans la Catégorie V. Une étude récente de l'UICN a révélé que près de 84% des parcs nationaux sud-américains possèdent une population humaine résidente considérable, aussi serait-il plus approprié que certains d'entre eux soient reclassés dans une autre catégorie.

Etant donné la confusion qui a régné jusqu'à présent, la Deuxième partie des présentes lignes directrices définit les catégories en fonction de leurs principaux objectifs de gestion et de leur titre particulier. Les titres correspondants qui figuraient dans le système de 1978 sont également mentionnés, du fait de la notoriété de certains d'entre eux. notoriété.

Il va de soit que ne nul ne pourra empêcher les pays d'adopter une terminologie différente, c'est pourquoi une même désignation peut avoir différentes significations, suivant les pays et des appellations nationales différentes peuvent correspondre à une même catégorie d'aires protégées. D'où l'importance d'un système de classement international, correspondant aux objectifs de gestion et non pas aux titres des catégories.

Une nouvelle catégorie est introduite

La Recommandation adoptée à Caracas invitait l'UICN à approfondir l'idée émise par certains experts, à savoir qu'une catégorie supplémentaire devait être créée pour couvrir les aires à prédominance naturelle, "gérées aux fins de protéger leur diversité biologique, de telle sorte qu'elles assurent un flux durable de biens et services à la communauté". C'est cette considération qui a motivé l'inclusion, dans les présentes lignes directrices, d'une catégorie dont le principal objectif de gestion est l'utilisation durable des écosystèmes naturels. L'essentiel est d'assurer à l'aire une gestion garantissant, à long terme, sa protection et le maintien de sa diversité biologique. L'aire doit, en particulier, répondre aux quatre conditions suivantes:

  • elle doit être compatible avec la définition générale des aires protégées (voir plus haut)
  • les deux-tiers au moins de sa superficie doivent se trouver dans des conditions naturelles et le rester
  • elle ne peut pas comporter de grandes plantations commerciales
  • un organe de gestion doit être en place.

Seules les aires remplissant toutes ces conditions peuvent être rangées dans cette catégorie.

Toutes les catégories sont importantes

Le nombre assigné à une catégorie ne reflète pas son importance: toutes les catégories sont nécessaires à la conservation et au développement durable. C'est la raison pour laquelle l'UICN encourage les pays à établir un réseau d'aires protégées répondant à leurs objectifs spécifiques de sauvegarde du patrimoine naturel et culturel et, en fonction de cela, à appliquer une ou toutes les catégorie(s) appropriée(s). Etant donné que chaque catégorie remplit une 'niche' particulière en termes de gestion, tous les pays devraient s'assurer que la totalité des catégories de gestion qu'ils ont adoptées corresponde bien à leurs besoins.

...mais impliquent une gradation de l'intervention humaine

Il est cependant inhérent au présent système que les catégories correspondent à divers degrés d'intervention humaine. Des études ont montré que l'ampleur des modifications d'origine anthropique subies autrefois par les écosystèmes dépassait largement ce que l'on avait supposé et qu'aucune région du monde n'était à l'abri des effets de la pollution à longue distance et des changements climatiques d'origine humaine. Cela exclurait, par conséquent, toute possibilité d'écosystème "naturel" au sens où l'entend Sauver la Planète:

Ecosystèmes dans lesquels, depuis la révolution industrielle (1750), l'impact humain (a) n'a pas été plus important que celui des autres espèces indigènes et (b) n'a pas altéré la structure de l'écosystème. Le changement climatique n'est pas pris en compte dans cette définition.

Si l'on s'en tient à cette définition, les Catégories I à III correspondent à des aires naturelles dans lesquelles l'intervention humaine directe et la modification du milieu naturel ont été limitées, alors que dans les aires des Catégories IV à VI, ces facteurs sont nettement plus importants.

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