Protected Areas and World Heritage Programme

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Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protegée

 

Chapitre 3 Application des catégories

 

L'application des nouvelles catégories doit se placer dans un contexte historique. Plus de 9000 aires protégées répondent aujourd'hui aux critères d'inscription à la Liste des Nations Unies et toutes font partie des Catégories I à V du système de 1978 (la Liste des Nations Unies n'incluant pas les Catégories VI à VIII, bien qu'elle comprenne les biens du patrimoine mondial, les réserves de la biosphère et les sites Ramsar). Le système de classement des aires protégées est couramment utilisé dans le monde entier et a servi de base à de nombreuses législations nationales. De plus, la terminologie -- et la logique -- qui correspondent aux catégories s'implantent de plus en plus. C'est pourquoi les lignes directrices relèvent d'une approche évolutive et non pas en rupture avec le système antérieur.

L'expérience du système de 1978 a néanmoins montré que les critères appliqués étaient par trop normatifs pour correspondre aux conditions spécifiques des différentes régions du monde.

C'est la raison pour laquelle les présentes lignes directrices ont été conçues de manière à offrir un cadre mondial et sont nettement plus souples que les précédentes. Par exemple, les directives concernant le zonage ou le classement, l'organe de gestion ou la propriété sont moins normatifs que précédemment. Lorsqu'on classe des aires dans ces catégories, il faut s'attacher à clarifier les objectifs de gestion et veiller à l'existence de conditions propices à leur réalisation. Appliquées de manière adéquate et systématique, ces directives devraient permettre de classer les aires protégées dans des catégories logiques et mondialement compatibles.

Les questions qui se sont posées dans l'interprétation du système de 1978 sont les suivantes:

  • superficie des aires protégées
  • zonage à l'intérieur des aires protégées
  • responsabilité de gestion
  • propriété des terres
  • variations régionales
  • classement multiple
  • zones entourant les aires protégées
  • désignations internationales

Ce chapitre examine brièvement chacun de ces points, en donnant des définitions dans l'optique de chaque catégorie (l'UICN a déjà publié de nombreuses autres orientations plus détaillées sur ces questions -- voir par exemple Aménagement et gestion des aires protégées tropicales, 1990 and Marine and Coastal Protected Areas, 1985). Les définitions ci-après portent sur plusieurs de ces points, dans la perspective individuelle de chaque catégorie.

Superficie des aires protégées

La superficie d'une aire protégée doit refléter la proportion de terre ou d'eau nécessaire pour atteindre les objectifs de gestion. Ainsi, la dimension d'une aire de la Catégorie I devrait être déterminée par la superficie de terres ou d'eaux requise pour réaliser les objectifs de gestion de la protection stricte, qu'il s'agisse d'une aire de référence, d'un site de recherche ou de protection des ressources sauvages. En revanche, une aire de la Catégorie II doit être suffisamment étendue pour contenir un ou plusieurs écosystèmes complets, n'ayant subi aucune modification physique du fait de l'exploitation ou de l'occupation humaine. Pour des raisons d'ordre pratique, la Liste des Nations Unies ne comprend que des aires dépassant 1000 ha ou, dans le cas des îles entièrement protégées, de 100 ha, mais ces chiffres sont relativement arbitraires.

Ces différentes considérations impliquent que les autorités qui désignent une aire protégée sont tenues de veiller à ce que la gestion de l'aire ne soit pas entravée par des pressions venant des zones adjacentes. Lorsque ces dernières ne font pas partie de l'aire protégée, il peut se révéler nécessaire de prendre des mesures de gestion supplémentaires et compatibles.

Zonage à l'intérieur des aires protégées

Bien que les principaux objectifs de gestion déterminent la catégorie assignée à une aire, les plans de gestion prévoient souvent des zones gérées à différentes fins tenant compte des conditions locales. Pour établir la catégorie qui convient, il importe cependant que les trois-quarts de l'aire et si, possible, davantage soient gérés en fonction de l'objectif premier et que la gestion de la superficie restante ne soit pas incompatible avec cet objectif. Les cas dans lesquels le classement officiel de certains éléments d'une unité de gestion répond à des objectifs de gestion différents sont traités sous "Classement multiple".

Responsabilité de la gestion

Les gouvernements ont une responsabilité fondamentale, à laquelle ils ne peuvent se soustraire, en ce qui concerne l'existence et l'état des réseaux nationaux d'aires protégées. Ils doivent considérer ces aires comme des composantes importantes de leur stratégie nationale de conservation et de développement durable. La responsabilité effective de la gestion des aires protégées individuelles peut toutefois incomber au gouvernement central, régional ou local, à des organisations non gouvernementales, au secteur privé ou à la communauté locale. C'est pourquoi les présentes lignes directrices sont d'une flexibilité considérable quant à la forme de l'organe de gestion correspondant à chaque catégorie d'aires protégées, l'essentiel étant que l'autorité désignée soit capable d'atteindre les objectifs de gestion. Dans la pratique, les aires appartenant aux Catégories I à III sont toutefois le plus souvent placées sous la responsabilité d'un organe gouvernemental alors que, pour les Catégories IV et V, cette responsabilité peut incomber à une administration locale, encore que celle-ci travaille généralement dans le cadre de la législation nationale.

Propriété de la terre

Comme pour l'organe de gestion, il s'agit de savoir si le type de propriété est compatible avec la réalisation des objectifs de gestion de l'aire considérée. Dans de nombreux pays, le fait que les aires protégées soient la propriété de diverses formes d'organisme publics (de portée nationale ou locale) ou d'un organisme non gouvernemental dûment constitué et poursuivant des objectifs de gestion, facilite nettement la gestion. Ce type de propriété est donc particulièrement souhaitable pour les Catégories I à III mais pas dans le monde entier. Dans les autres catégories, la propriété privée est nettement plus courante et constitue souvent la forme prédominante de propriété foncière. Du reste, quel que soit le type de propriété, l'expérience a montré que le succès de la gestion dépend énormément de la bonne volonté et de l'appui des communautés locales. Dans de tels cas, l'organe de gestion a besoin d'excellents systèmes de consultation et de communication, et moyens efficaces, y compris des mesures d'incitation, pour garantir le respect des objectifs de gestion.

Variations régionales

Le système de classement des aires protégées est censé être appliqué de la même manière par tous les pays, afin de faciliter la collecte et le traitement de données comparables et d'améliorer la communication entre les nations. C'est pourquoi l'UICN n'est pas particulièrement favorable au fait que les normes varient d'une région à l'autre. Toutefois, les conditions d'établissement et de gestion des aires protégées varient énormément d'une région à l'autre et d'un pays à l'autre. Par exemple, des régions comme l'Europe, dans lesquelles les paysages établis et gérés de longue date, soumis à différents régimes de propriété, ne se prêtent généralement pas aussi bien à l'établissement d'aires de la Catégorie II que d'autres régions, mais plutôt aux aires des Catégories IV et V.

La plus grande souplesse inhérente aux présentes lignes directrices devrait faciliter leur application dans les conditions propres aux différents pays et régions du globe. La série d'exmples proposée dans la Troisième partie montre comment le système international des catégories peut, en fait, être appliqué par des pays connaissant des besoins très différents.

Classement multiple

Il est fréquent que des aires protégées appartenant à des catégories différentes soient contiguës, et il arrive aussi que deux catégories "s'emboîtent" l'une dans l'autre. Ainsi, de nombreuses aires de la Catégorie V contiennent d'autres aires, appartenant aux Catégories I et IV, ou jouxtent des aires de la Catégorie II. Par ailleurs, des aires de la Catégorie II contiennent des aires des Catégories Ia et Ib. Cela est parfaitement compatible avec l'application du système, à condition toutefois que ces aires soient identifiées séparément pour la comptabilité et l'établissement des rapports. Même si le fait d'attribuer la responsabilité d'une aire entière à un seul organe de gestion comporte de nets avantages, un tel système ne convient pas dans tous les cas et une coopération étroite entre plusieurs autorités peut se révéler essentielle.

Zones limitrophes

Les aires protégées ne sont pas des unités isolées. Elles ont, avec les zones qui les entourent, des liens écologiques, économiques, politiques et culturels. C'est pourquoi la planification et la gestion des aires protégées doit être intégrée dans la planification régionale et étayée par les politiques régionales. Cependant, pour les besoins du système de classement, lorsqu'une aire sert de "tampon" à une autre ou l'entoure, il convient d'identifier et d'enregistrer séparément leurs catégories respectives.

Désignations internationales

Le système de 1978 établissait des catégories séparées pour les biens du patrimoine mondial (naturel) et les réserves de la biosphère, sans qu'il s'agisse pour autant de catégories à proprement parler mais de désignations internationales. Dans la pratique, la quasi-totalité des biens du patrimoine mondial naturel font l'objet d'une désignation nationale et, de ce fait, sont classés dans l'une des six catégories. Il en va de même de nombreuses réserves de la biosphère, des sites Ramsar et des autres aires désignées aux termes d'accords régionaux. Aussi le principe suivant continuera-t-il à être appliqué: lorsqu'une aire bénéficie d'un statut de protection spécial, conformément à des dispositions nationales, elle doit être dûment enregistrée dans l'une des cinq catégories-types. Son statut international spécial sera mentionné, par exemple dans la Liste des Nations Unies, et dans toutes les autres publications pertinentes de l'UICN.

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