Protected Areas and World Heritage Programme

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Lignes directrices pour les catégories de gestion des aires protegée

 

Exemple de site de la Catégorie VI

RESERVE COMMUNAUTAIRE DE TAMSHIYACU-TAHUAYO, Pérou

Désignation nationale Tamshiyacu-Tahuayo a été déclaré réserve communautaire de 322.500 ha en 1990 en application de la Réglementation de 1977 sur la conservation de la flore et de la faune sauvages découlant de la Loi de 1975 sur les forêts et les espèces sauvages.

Base légale de la gestion La Loi sur les forêts et les espèces sauvages et la Réglementation sur la conservation de la flore et de la faune sauvages prévoient la conservation et l'exploitation des ressources vivantes sauvages (habituellement la faune) dans des réserves communautaires au profit des communautés locales. Les bénéficiaires sont chargés de la gestion de la réserve conformément à la réglementation formulée par l'administration locale des forêts. Aucune exploitation autre que celle réalisée au bénéfice des communautés locales n'est autorisée. Les activités autorisées sont la chasse durable, la cueillette de produits forestiers non ligneux tels que les graines, les fruits, l'écorce, le latex, les feuilles et les plantes médicinales.

Gestion in situ La réserve est divisée en une zone centrale totalement protégée et une zone tampon dont les ressources sont exploitées et où l'agriculture vivrière et l'exploitation durable des ressources sauvages sont pratiquées. Les habitants chassent le cerf, le tapir et le pécari qui sont d'importantes sources de protéines. Les fruits du palmier sont récoltés sans endommager les arbres, en grimpant aux arbres ou par d'autres techniques appropriées. L'agrosylviculture est pratiquée sur de petites parcelles à plusieurs essences. La pêche se pratique dans les principales rivières et les bras morts mais elle est réglementée par les communautés ribereño: à l'étiage, l'utilisation de filets et de lances est interdite; la pêche commerciale est interdite.

Géographie La réserve se trouve dans le nord-est du Pérou entre les fleuves Tamshiyacu, Tahuayo et Yavari Miri dans une région de forêts non inondées.

Valeurs pour la conservation de la nature Tamshiyacu-Tahuayo abrite une faune et une flore riches, notamment 13 espèces de primates dont deux ne se rencontrent dans aucune autre aire protégée. Sa forêt sur terre ferme complète la forêt inondée de la réserve nationale voisine de Pacaya-Samiria.

Valeurs sociales et culturelles La réserve est inhabitée mais quelque 4300 personnes vivent aux confins de la réserve et deux autres milliers suffisamment près pour profiter de l'exploitation des ressources forestières. Les habitants sont des populations semi-indigènes, non tribales, les Ribereños.

Motifs du classement dans la Catégorie VI (Aire protégée de ressources naturelles gérée) Tamshiyacu-Tahuayo est une vaste forêt essentiellement naturelle dont la gestion communautaire permet d'en conserver la diversité biologique tout en fournissant aux habitants semi-indigènes une gamme de produits naturels utilisés ou consommés localement. L'utilisation durable des ressources sauvages est limitée à une aire d'exploitation vivrière autour de la zone centrale strictement protégée.

 

AIRE DE GESTION DES ESPECES SAUVAGES DE TONDA, Papouasie-Nouvelle-Guinée

Désignation nationale Tonda a été déclaré aire de gestion des espèces sauvages en 1975 en application de la Loi de 1966 sur la faune (protection et contrôle). Les 590.000 ha de terres sont détenues sous le régime foncier coutumier.

Base légale de la gestion Bien que portant essentiellement sur la protection des espèces menacées, la Loi sur la faune (protection et contrôle) prévoit l'établissement d'aires de gestion des espèces sauvages, faisant ainsi participer les propriétaires terriens coutumiers au contrôle de l'exploitation.

Gestion in situ La législation d'application a établi un Comité de gestion des espèces sauvages afin de donner un avis sur l'élaboration d'un règlement régissant l'aire de gestion. Paru au journal officiel en 1976, le règlement autorise les propriétaires coutumiers à chasser librement. Les touristes paient un droit d'entrée minime et sont autorisés à chasser mais seulement le cerf, le canard et deux espèces de barramundi en quantité limitée. La chasse est interdite dans la région comprise entre les rivières Bensbach et Morehead. Des restrictions sont imposées à l'utilisation de véhicules et de bateaux pour la chasse.

Géographie Tonda se situe dans le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à la frange de la plaine d'inondation alluviale d'Oriomo, à 45 m d'altitude à Morehead Ridge, à la limite nord de l'aire. Trois grands réseaux fluviaux traversent l'aire; l'absence de drainage entraîne d'importantes inondations saisonnières.

Valeurs pour la conservation de la nature Différente de la végétation des basses terres de Nouvelle-Guinée, la végétation est similaire, par l'aspect et la composition des espèces, à celle du nord de l'Australie. Cela s'explique par le climat fortement saisonnier et les liaisons géologiques passées avec le continent australien. Le mélange de faune et de flore australiennes relictuelles et d'espèces caractéristiques ou endémiques de Nouvelle-Guinée, est important pour la conservation.

Valeurs sociales et culturelles L'aire compte environ 1200 habitants vivant dans 16 villages. Dix de ces villages occupent des terres situées intégralement dans l'aire de gestion et les six autres sont à cheval sur la limite de l'aire. La population est mobile et les villages sont régulièrement abandonnés. La chasse, la pêche et le ramassage des oeufs jouent un rôle important dans l'économie vivrière et l'économie marchande. L'agriculture itinérante se pratique dans la forêt, avec des périodes de jachère de 15 à 30 ans.

Motifs du classement dans la Catégorie VI (Aire protégée de ressources naturelles gérée) Tonda a été déclaré aire de gestion des espèces sauvages à la demande des propriétaires coutumiers en vue de la conservation et de l'utilisation contrôlée des espèces sauvages et autres ressources naturelles. La densité de population humaine est très faible. La plus grande partie de l'aire reste sauvage et intacte.

 

AUTRES EXEMPLES DE SITES DE LA CATEGORIE VI

RESERVE D'HABITATS ICHTYOLOGIQUES, Australie

Classée en 1983 en application de la Loi de 1976 du Queensland sur les pêcheries, cette réserve de 4550 ha protège des habitats ichtyologiques sous le niveau maximal de la marée de printemps. Il offre l'environnement marin le moins perturbé de la région et abrite une diversité inhabituelle d'espèces ichtyologiques. Le Département des industries primaires du Queensland est chargé de la gestion, dont le principal objectif est de protéger l'habitat tout en assurant la productivité continue des pêcheries. Il est interdit de dégrader l'habitat, de pêcher ou de perturber les poissons et autres espèces sauf par des méthodes approuvées, de déverser des produits et de draguer le fond. Toutefois, la pêche par des méthodes approuvées, l'accès et le canotage sont autorisés.

RESERVE MARINE NATIONALE DE KIUNGA, Kenya

La réserve marine nationale de Kiunga protège 25.000 ha d'habitats côtiers tropicaux relativement intacts, gérés de façon durable au bénéfice de la communauté locale. Elle comprend une bande étroite de terre sur le continent et une cinquantaine d'îlots et la mer qui les entoure. De vastes colonies d'oiseaux de mer nichent sur les îlots. L'influence humaine y est relativement faible et se limite à l'exploitation des espèces locales. En tant que réserve marine nationale désignée en vertu de la Loi de 1976 sur la conservation et la gestion des espèces sauvages, la réserve de Kiunga est gérée afin de préserver et d'utiliser durablement les ressources naturelles. La pêche artisanale est la principale exploitation locale des ressources naturelles. Le tourisme et les activités non destructives telles que la natation et la voile sont autorisés. La pêche par les méthodes traditionnelles est autorisée mais pas l'utilisation de poison, de fusils harpons ou de dynamite. Le ramassage des coquillages et de corail est également interdit. Le passage et l'ancrage de bateaux, la plongée et l'accès aux non résidents sont contrôlés par la délivrance de permis.

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