Protected Areas and World Heritage Programme |
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Liste des Nations Unies des Aires protégées 1997 |
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Analyse des aires protégées inscrites sur la Liste La compilation de la Liste des Nations Unies offre l'occasion unique d'évaluer et de résumer la situation des aires protégées de la planète. La Liste des Nations Unies sert de référence pour jauger l'étendue de l'espace protégé et la contribution des différentes catégories de gestion aux objectifs de conservation de la nature, aux niveaux national et régional. Etendue des aires protégées à l'échelle mondiale La Liste des Nations Unies de 1997 répertorie 12 754 aires protégées qui satisfont aux critères décrits dans l'Introduction. Celles-ci couvrent plus de 13,2 millions de kilomètres carrés - c'est-à-dire plus que les Etats-Unis, la Chine ou le Canada - ce qui représente une augmentation de 3,9 millions de kilomètres carrés depuis l'édition de 1993 de la Liste des Nations Unies. Il faut cependant dire que la Liste des Nations Unies n'est plus compilée sur les mêmes bases. Dans les éditions précédentes, tous les sites correspondant aux anciennes Catégories UICN VI, VII et VIII étaient exclus alors que la nouvelle Catégorie UICN VI a été intégrée dans la Liste des Nations Unies de 1997. En conséquence, il convient de considérer avec circonspection l'augmentation apparente du domaine mondial des aires protégées. Le tiers de cette augmentation environ peut être attribué à la création de nouvelles aires protégées depuis 1994. Qu'il s'agisse de régions gigantesques comme l'Aire de gestion de la faune sauvage Ar-Rub'al-Khali, en Arabie saoudite (640 000 km˛) et le Sanctuaire de l'Oryx d'Arabie à Oman (34 000 km˛), tous deux établis en 1994 ou de nombreuses aires protégées de plus de 10 000 kilomètres carrés comme l'Aire intégralement protégée du Petit Gobi, en Mongolie (17 000 km˛), créée en 1996, au total, quelque 460 nouvelles aires protégées de plus de 1000 hectares ont vu le jour depuis le début de 1994. En intégrant à la Liste des Nations Unies la nouvelle Catégorie VI qui comprend des aires établies depuis de nombreuses années, on a aussi accru l'étendue du domaine protégé. La Liste des Nations Unies de 1993 comprenait 988 aires protégées établies entre 1970 et 1974. Pour la même période, la Liste de 1997 en compte 1187 et la superficie protégée passe de 1,9 million à 2,4 millions de kilomètres carrés. Aires protégées côtières et marines Les aires protégées couvrent actuellement 8,81% de la superficie émergée de la planète. Cependant, la situation n'est pas aussi simple que ce chiffre le laisse supposer. La Liste des Nations Unies comprend un grand nombre d'aires protégées qui contiennent des habitats marins. En conséquence, à la superficie de terres émergées il convient d'ajouter celle des sites marins. Selon les dossiers de la Banque de données sur les aires protégées du WCMC, 591 entrées de la Liste des Nations Unies concernent des sites qui ont au moins un élément marin - haute mer, lits de varech ou formations coralliennes - couvrant 2,3 millions de kilomètres carrés. Les deux plus grandes aires protégées «marines» inscrites sont le Parc national du Groenland (972 000 km˛) et le Parc marin du récif de la Grande-Barrière en Australie (344 800 km˛). En réalité, l'élément terrestre est nettement dominant dans le premier tandis que le deuxième est essentiellement marin. Tant que nous ne disposerons pas de données informatisées sur les limites pour toutes les aires protégées, l'utilisation de simples marqueurs de l'habitat pour identifier les zones marines entraînera inévitablement des erreurs dans les résumés statistiques. Si l'on exclut toutes les aires «marines», la proportion de la superficie émergée de la terre qui est protégée tombe à 7,28% ou 7,93% si l'on inclut le Parc national du Groenland qui est essentiellement terrestre. Les aires protégées exclues de la Liste des Nations Unies La Banque de données du WCMC, répertorie 17 596 autres sites qui n'ont pas été inscrits sur la Liste car ils comptent moins de 1000 ha et ne satisfont donc pas au critère de dimension minimale. L'Annexe 1 résume la superficie totale de tous les sites, indépendamment des dimensions, qui se trouvent dans la Banque de données et donne le nombre, l'étendue et la proportion de la superficie émergée totale protégée dans chaque Catégorie UICN de gestion, pour chaque pays. Pour faciliter les choses, les Catégories Ia et Ib ont été fusionnées. L'Annexe 1 indique que plus de 30 000 aires protégées ont été créées dans le monde et couvrent, au total, 13,2 millions de kilomètres carrés. Les aires protégées qui ne sont pas inscrites sur la Liste des Nations Unies en raison de leurs petites dimensions ont une superficie totale de 28 584 kilomètres carrés, seulement. Elles font passer la proportion totale des terres émergées protégées de 8,81% à tout juste 8,83%. Objectifs de gestion Les statistiques générales telles que la superficie totale protégée n'éclairent en rien les raisons pour lesquelles les gouvernements ont adopté le concept général d'aire protégée pour répondre à divers objectifs de gestion. Le classement de tous les sites de la Liste des Nations Unies dans les Catégories UICN de gestion permet de distinguer les sites intégralement protégés de ceux qui font l'objet d'une utilisation durable. Le Tableau 1 résume le nombre et l'étendue des aires protégées dans chacune des Catégories UICN de gestion, ainsi que leurs proportions relatives par rapport au total. Tableau 1 Aires protégées inscrites sur la Liste des Nations Unies de 1997 résumées selon les Catégories UICN de gestion
Le Tableau 1 montre que la Catégorie IV (Aire de gestion des habitats ou des espèces) est, de loin, le type le plus commun d'aires protégées, correspondant à 28,4% de tous les sites. Les sites de cette catégorie sont gérés dans le but spécifique de préserver l'habitat d'espèces ou de groupes d'espèces importants. La recherche scientifique et l'éducation sont également des activités typiques de ces sites, mais le tourisme ainsi que d'autres formes d'exploitation ne sont généralement pas parmi les objectifs de gestion principaux. Il convient de noter que le nombre total des sites de la Catégorie IV était supérieur dans la Liste des Nations Unies de 1993 (3808 sites, représentant 39% des sites). Le nombre absolu et la proportion ont chuté abruptement suite, sans doute, à la révision de la définition qui stipule désormais que les sites de Catégorie IV doivent bénéficier d'une gestion active. La plus grande proportion de la superficie protégée (30,25%) entre dans la Catégorie UICN de gestion II (Parc nationaux). Les sites de cette catégorie sont relativement vastes, pour la plupart dans un état naturel et gérés pour les loisirs et la recherche scientifique. Les sites de la Catégorie II correspondaient à 41% de toute la superficie protégée dans la Liste des Nations Unies de 1993. La superficie absolue a augmenté pour passer de 3,8 millions de kilomètres carrés en 1993 à près de 4 millions de kilomètres carrés en 1997. Dans le système révisé des Catégories UICN de gestion, la principale nouveauté est l'introduction de la Catégorie VI (Aire protégée de ressources naturelles gérée) pour tenir compte du rôle important que jouent les aires protégées dans de nombreuses économies rurales. Tout en étant spécifiquement consacrés à la conservation de la diversité biologique, ces sites accueillent une population locale et leurs objectifs de gestion prévoient une utilisation durable. Les sites de la Catégorie VI forment une proportion extrêmement élevée de la superficie totale inscrite à la Liste des Nations Unies (27,25%) et sont beaucoup plus nombreux que ceux de la Catégorie Ia (Réserve naturelle intégrale), de la Catégorie Ib (Zone de nature sauvage) ou de la Catégorie III (Monument naturel). Deux des plus grandes aires protégées du monde se trouvent dans la Catégorie VI, à savoir l'Aire de gestion de la faune sauvage Ar-Rub'al-Khali, en Arabie saoudite et le Parc marin du récif de la Grande-Barrière en Australie. Ensemble, ces deux sites correspondent à 27% de la superficie totale classée dans cette catégorie de gestion. Dans le cas du Parc marin du récif de la Grande-Barrière, un certain nombre de très grandes zones permanentes sont officiellement établies et gérées conformément aux objectifs de la Catégorie I ou II plutôt que de la Catégorie VI. Ce facteur n'est pas reflété dans l'analyse et la gestion des données. Augmentation du nombre et de la superficie des aires protégées dans le monde L'expansion constante des aires protégées mondiales est illustrée aux Figures 1 et 2. La Figure 1 décrit le nombre (lignes) et la superficie totale (barres) des aires protégées établies pour chaque période de cinq ans, depuis 1900. Les aires protégées dont on ignore l'année d'établissement (n=1319) ou qui ont été établies avant 1900 (n=50) n'y figurent pas. L'avantage principal du graphique non cumulatif de la Figure 1 est qu'il permet de distinguer nettement le nombre et l'étendue des nouvelles aires protégées créées pour chaque période de cinq ans. Dans la plus récente période de cinq ans pour laquelle les données sont complètes (1990-1994), le nombre de sites établis a diminué quelque peu par comparaison aux périodes de la décennie précédente, mais la superficie totale couverte par les nouvelles aires protégées est sensiblement égale (2,27 millions de kilomètres carrés) au maximum (2,33 millions de kilomètres carrés) établi dans la période de 1970-1974, lorsque le Parc national du Groenland fut créé (1974). A la Figure 2, les colonnes indiquant la superficie totale protégée montrent peu ou pas du tout de signe de déclin du rythme de création ce qui semble contredire l'opinion répandue selon laquelle les possibilités de création de nouvelles aires protégées diminuent. Les résultats reflètent les efforts déployés en permanence par les gouvernements pour créer de nouvelles aires protégées. En fait, la ratification du Protocole au Traité de l'Antarctique sur la protection de l'environnement, le 16 décembre 1997, peu avant que la présente édition de la Liste des Nations Unies ne parte chez l'imprimeur, témoigne une fois encore de tels efforts. Dans le cadre du Protocole, l'ensemble du continent Antarctique et les écosystèmes marins qui en dépendent sont classés «réserve naturelle consacrée à la paix et à la science». Bien que cela ne soit pas reflété dans la Liste des Nations Unies de 1997, le domaine mondial des aires protégées a plus que doublé depuis la signature de ce Protocole. Toutefois, malgré les progrès encourageants que l'on peut signaler dans le monde entier, de nombreux pays continuent de négliger la bonne conception des réseaux, garantissant la représentativité et la solidité écologique des aires protégées, ainsi que les investissements nécessaires pour permettre une gestion efficace.
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