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Baillonella toxisperma

Moabi

Distribution

Le Moabi se rencontre surtout au Cameroun, au Gabon et au Nigeria, et on peut également le trouver en Angola, au Congo et en Guinée Equatoriale.

Habitat

Le genre monotypique Baillonella est endémique à la région Guinéo-Congolaise (White, 1983).

B. toxisperma est restreinte à la forêt ombrophile sempervirente primaire dense. L’espèce nécessite de l’ombre pour que la régénération puisse avoir lieu (Wilks in litt, 1990).

Statut et évolution de la population

Si l’espèce ne cesse pas d’être surexploitée, il est plus que probable qu’elle disparaitra d’une vaste étendue de son aire de répartition (Schneemann, 1995). Dans les zones du Cameroun qui ont été abattues depuis plusieurs décennies (par example le Centre, le Sud, le Sud-Ouest et les provinces côtières), il y a une diminution voire dans certains cas une disparition de Moabi (Schneemann, 1995). Moabi demeure toujours à l’Est du Cameroun où il n’y a pas eu d’abattage.

Rôle de l’espèce au sein de son écosystème

Les éléphants jouent un rôle dans la régénération et la dispersion de Moabi puisqu’ils mangent les graines et les déposent ailleurs (Schneemann, 1995). Les cochons sauvages et les porcs-épics mangent les graines.

Menaces pour l’espèce

Le Moabi est fortement exploité en Afrique Occidentale. Cette espèce est plus menacée encore par sa régénération restreinte (Wilks in litt., 1990). Il faut entre 50 et 70 ans avant que B.toxisperma ne commence à fleurir et la production régulière de fruits n’a pas lieu tant que l’arbre na pas atteint un âge entre 90 et 100 ans (Schneemann, 1995).

Utilisation

Le bois d’œuvre est utilisé pour la fabrication de meubles, l’ébénisterie, les parquets ornementés, le tournage sur bois, les gravures sur bois, les placages de décoration, la menuiserie, et l’extérieur des poëles.

L’huile commestible (huile de karité), qui est extraite des graines, est très importante pour la population locale. L’huile peut atteindre des prix importants aux marchés locaux au Cameroun; dans les plus grandes villes, l’huile peut valoir jusqu’à 12 US$/litre (Schneemann, 1995). On consomme la pulpe du fruit. L’écorce est utilisée à des fins médicinales et elle a des usages ethno-botaniques (par example les pygmées Baka utilisent l’écorce pour devenir invisible pour chasser l’éléphant) (Schneemann, 1995).

Commerce

Une demande importante pour le bois de Moabi provient d’Europe du Sud (Schneemann, 1995).

Le Moabi est un bois commercial important au Cameroun et c’est une des espèces principales d’exportation. La production de B. toxisperma au Cameroun a presque doublé depuis 1989/1990 (Schneemann, 1995). L’espèce est également commercialement importante au Congo (exportation en 1988 de 4.517m3) ainsi qu’au Gabon où c’est la deuxième espèce la plus importante en termes de bénéfices à l’exportation (Wilks in litt, 1990). Le Gabon a exporté 55.884m3 en 1987 (UICN, 1990) et 59.891m3 en 1989.

Selon l’OIBT (1995a) 25 000 m3 de grumes et 10 000 m3 de bois scié de B. toxisperma ont été exportés du Cameroon en 1994 au prix moyens respectifs de 385 US$ /m3, et 700,00 US$/m3. Au même moment le Gabon a exporté des grumes de Moabi au prix moyen de US$70,40/m3 et 82m3de bois scié pour US$63,13/m3 (OIBT, 1995a). Le Gabon a exporté un total de 32 572,065 m3 de Moabi en 1994 et 44 390,331 m3 en 1995 (DIAF, 1996).

Il y a de l’inquiétude quant au commerce illégal provenant de certains pays producteurs de Moabi (Draft CITES Proposal, 1991).

Statut de conservation

Catégories et Critères de l’UICN: VU (A1d) (African Regional Workshop, 1996)

Mesures pour la conservation

Le diamètre minimum requis pour l’exploitation du Moabi est de 1m au Cameroun, et par décret le diamètre minimum requis pour son exploitation à la fois au Gabon et au Congo est de 0,8m. B.toxisperma se rencontre dans plusieurs aires protégées au Cameroun (i.e. Forêt de Nki, Forêt de Boumba Bek and Réserve de Faune du Dja). Cette espèce est également représentée dans l’Arboretum de Sibang, Libreville, Gabon. (Draft CITES Proposal, 1991). Le Cameroun a planté 389 ha de cette espèce (African Regional Workshop, 1996).

Références

African Regional Workshop, 1996. Conservation and Sustainable Management of Trees project workshop held in Harare, Zimbabawe, July, 1996.

DIAF, 1996. Timber trade statistics for Gabon sent from the Direction des Inventaires et Aménagements des Forêts (DIAF) of the Ministere des Eaux et Forêts for 1994 and 1995 sent by Tom Hammond.

Draft CITES Proposal, 1991.

ITTO, 1995(a). Elements for the annual review and assessment of the world tropical timber situation. Draft Document.

IUCN, 1990. La Conservation des Ecosystèmes Forestiers du Gabon. IUCN, Tropical Forest Programme Series. pp. 200.

Schneemann, J., 1995. Exploitation of Moabi in the Humid Dense Forests of Cameroon. Harmonization and improvement of two conflicting ways of exploitation of the same forest resource. BOS NEWSLETTER 31 vol. 14 (2): 20-32.

White F., 1983. The Vegetation of Africa. A descriptive memoir to accompany the UNESCO/AETFAT/UNSO vegetation map of Africa. Paris:UNESCO. pp.356.

Wilks, C., 1990. in litt. to Richard Luxmoore.