Aucoumea klaineana
Okoumé
Distribution
La répartition de l’Okoumé est limitée à l’Ouest et au Centre du Gabon et à quelques petites aires en Guinée Equatoriale, au Congo et au Cameroun.
Habitat
On trouve cette espèce entre 0 et 700 mètres d’altitude dans des forêts de feuillus de plaines (White, 1996).
| Types
de Végétation d'après White (1983) 1. Forêt ombrophile Guinéo-Congolaise Forêts ombrophiles hygrophiles sempervirentes des zones côtières Guinéo-Congolaises Aucoumea klaineana est l'une des espèces les plus abondantes dans ce type de forêt, en particulier dans des forêts secondaires agées sur des emplacements bien drainés. |
Statut et évolution de la population
Au Gabon, cette espèce demeure répandue et abondante. Elle se trouve fréquemment dans les forêts secondaires; la population est plus ou moins stable. (Wilks in litt., 1992).
Régéneration
Les Oukomés ne fleurissent qu’une fois tous les sept à quinze ans (Anon, 1994).
Ces arbres nécessitent beaucoup de lumière, et sont grégaires dans les forêts secondaires (N'Sosso in litt, 1995). Ils se régénèrent naturellement lorsque le cycle entre deux coupes est suffisant (Wilks in litt, 1990). Néanmoins, d’après White in litt. 1996, l’Okoumé n’est pas en train de se régénérer. C’est une espèce qui adore la lumière et qui ne se régénère que dans vieilles fermes et dans la savane qui n’a pas été brûlée. On peut à présent apercevoir quelques arbres de moins de 30 cm de diamètre à hauteur de poitrine (White, in litt.).
Rôle de l’espèce au sein de son écosystème
Aucune information.
Menaces pour l’espèce
La coupe répétée, surtout dans la zone Première (près des côtes), limite la régénération, bien que d’après Wilks in litt., 1992, la coupe se fasse probablement de manière durable au Gabon. Au contraire, les experts, qui se sont rendus à l’atelier régional sur le projet pour la conservation et la gestion durable des arbres (Regional Workshop for the Conservation and Sustainable Management of Trees project), ont considéré que la survie de l’espèce dans l’avenir est mise en danger par sa distribution limitée et par la destruction de son écosystème (African Regional Workshop, 1996).
Utilisation
L’Okoumé est considéré comme étant un excellent bois d’œuvre pour faire du bois de placage ou du contre-plaqué, et il produit également un bois scié de bonne qualité.
Commerce
C’est l’espèce de bois d’œuvre commercial la plus importante au Gabon et elle contribue aux environs de 90% de la production annuelle. A présent, le marché international impose un contrôle sur la coupe d’Okoumé au Gabon et l’on considère que les contrôles d’Etat sont inefficaces (Wilks, in litt., 1990). La France est le principal pays importateur d’Okoumé. L’Italie, le Japon et Israël sont également d’importants pays importateurs. Cette espèce est traditionnellement absente des marchés britanniques (WCMC, 1991). L’exportation de bois d’œuvre d’Okoumé vers l’Europe de l’Ouest et le Japon est de plus en plus importante pour l’économie gabonaise du fait de revenus pétroliers décevants (Anon, 1994).
En 1994, Le Congo a exporté 53.188 m3 de grumes et 23.665m3 de bois de placage d’Okoumé (OIBT, 1995). En 1987 le Gabon a exporté 603.740m3 d’ A. klaineana provenant d’ Owendo (IUCN, 1990)
Un volume inconnu de grumes a été exporté du Gabon pour un prix moyen de 239,59 US$/m3 (OIBT, 1995a). En plus de cela, le Gabon a exporté 371m3 de bois scié d’Okoumé au prix moyen de 287,77 US$/m3, 2.106m3 de bois de placage au prix moyen de 97,16 US$/m3, et 10.225m3 de contre-plaqué au prix moyen de 300,32 US$/m3 (OIBT, 1995a). Au total, 1.327.957,181 m3 d’Okoumé ont été exportés du Gabon en 1994 et 1.573.702,100 m3 en 1995 (DIAF, 1996).
Statut de conservation
Catégories et Critères de l’UICN: EN (A1c,d) (African Regional Workshop, 1996). Le réservoir génétique de l’Okoumé a été sérieusement détérioré par des décennies de récoltes sélectives (Anon, 1992).
Mesures prises pour la conservation de l’espèce
La FAO considère que A. klaineana est une espèce prioritaire pour la conservation in situ (1984).
Plus de 29 000 hectares d’Okoumé ont été plantés au Gabon mais le reboisement ne compense pas la coupe des forêts naturelles. L’introduction de cette espèce à l’Ouest de Kribi au Cameroun a été abandonnée du fait de sa mauvaise croissance (African Regional Workshop, 1996).
Le diamètre minimum de coupe est de 70 cm dans les réserves forestières au Gabon, bien que cette restriction ne soit pas observée (Wilks, in litt., 1990).
Un projet "La biologie de l’Okoumé" a été financé par l’OIBT et rendu effectif par le gouvernement du Gabon par l’intermédiaire du Ministère des Eaux et Fôrets. La fondation Tropenbos apporte un soutien scientifique et technique. Le but de ce projet est d’améliorer la compréhension des caractéristiques propres à l’espèce Okoumé, l’objectif ultime est de réaliser des plantations à hauts rendements qui puissent compenser la cadence actuelle des coupes. L’établissement de telles plantations facilitera la réduction de la pression qui existe sur la couverture forestière du Gabon et sur sa diversité biologique. (Anon, 1994). La première phase de ce projet s’est achevée en Décembre 1995.
Références
African Regional Workshop, 1996. Conservation and Sustainable Management of Trees project workshop held in Harare, Zimbabawe, July, 1996.
Anon, 1992. News on other Tropenbos activities. Gabon. Tropenbos Newsletter 2.
Anon, 1994. Biology of Okoumé: an ecophysiological reforestation project in Gabon. Tropenbos Newsletter 6:8-10
DIAF, 1996. Timber trade statistics for Gabon sent from the Direction des Inventaires et Aménagements des Forêts (DIAF) of the Ministere des Eaux et Forêts for 1994 and 1995 sent by Tom Hammond.
FAO, 1984. Report of the Fifth Session of the FAO Panel of Experts on Forest Gene Resources Information No 14:32-49.
ITTO, 1995(a). Elements for the annual review and assessment of the world tropical timber situation. Draft Document.
IUCN, 1990. La Conservation des Ecosystèmes Forestiers du Gabon. IUCN, Tropical Forest Programme Series. pp. 200.
N'Sosso, D., 1995. in litt. D. N'Sosso contributions to the Conservation and Sustainable Management of Trees White, L. 1996. in litt. to WCMC.
Wilks, C., 1990. in litt. to Richard Luxmoore.
Wilks, C., 1992. in litt. to Pete Atkinson.
WCMC, 1991. Provision of Data on Rare and Threatened Tropical Timber Species. pp. 58.